«L'accent sera particulièrement mis sur les deux premiers points», précise cette dernière. En effet, les salariés sont de plus en plus sensibles au choix du mobilier. Une donnée que les professionnels doivent prendre à bras-le-corps. «Demain, beaucoup de sociétés seront confrontées à des problématiques de recrutement, indique Odile Duchenne. A intérêt et salaire égaux, le futur collaborateur prendra en considération l'aménagement et le mobilier, reflets de l'esprit de l'entreprise.» Un nouveau critère qui suppose des investissements, à l'image de ceux effectués par les centres d'appels. Ces derniers ont, en effet, consenti de gros efforts pour leurs téléopérateurs qui restent assis durant des heures devant leur écran, pendus au téléphone. Aux acheteurs de mobilier de délier, ou non, les cordons de la bourse. «Ces aménagements sont décisifs pour améliorer la productivité», analyse Ewa Ybring, cofondatrice de Nordic Design, un importateur de mobilier Scandinave de renom.
Les espaces collectifs et individuels repensés
«Demain, les métiers deviendront encore plus transversaux. Les salariés travailleront en mode projet, avec des outils collaboratifs», prédit Odile Duchenne. Ainsi, le développement du nomadisme influencera fortement l'évolution du bureau. Deux nouveaux types de collaborateurs font déjà progressivement leur apparition: les «nomades», qui travaillent à l'extérieur de l'entreprise, mais qui assistent aux réunions, et les «mobiles», qui font partie des équipes projets transversales et se déplacent au sein de l'entreprise. «Le salarié est de moins en moins présent dans les locaux de l'entreprise. Cela libère des mètres carrés», explique Odile Duchenne. Et le coût du mètre carré, en forte inflation dans les villes, incite également à la restriction des espaces privés, au profit des lieux publics de travail. Cette donnée va amener les entreprises à ne plus concevoir un espace pour un individu, mais, au contraire, à généraliser l'open space. Le phénomène est, d'ailleurs, déjà à l'oeuvre. «La conception «un métier, un bureau» est dépassée.», précise Odile Duchenne.
Les espaces prives ne seront pas pour autant abolis. Le cas d'Andersen Consulting a créé un précédent. Il y a quelques années, le cabinet d'audit et de conseil avait décidé de supprimer les bureaux dédiés à ses consultants, souvent en déplacement. Ces derniers devaient ainsi, comme à l'hôtel, réserver un bureau dans l'entreprise, les privant ainsi d'un espace de travail privé. Cette expérience avait suscité la colère des salariés, Andersen avait donc dû faire machine arrière. «Même si l'on tend vers le télétravail, il faut bien qu'à un moment les commerciaux ou les consultants reviennent «à la maison», pour cultiver le sentiment d'être intégré à la communauté de V entreprise», glisse Odile Duchenne (Actineo). Dans l'open space du futur, le bureau de chaque collaborateur devra donc être davantage «privatisé». «Les entreprises devront prendre en compte un certain nombre de facteurs pour que chaque bureau soit personnalisable: l'acoustique, la décoration, les lampes avec un éclairage soft, du rangement de proximité, etc.», reprend Odile Duchenne. Par ailleurs, l'espace vital minimum pour le salarié est de 10 m2. Or, aujourd'hui on constate encore fréquemment qu'il ne dispose que de 7 m2. Les entreprises ont encore des progrès à faire dans ce domaine.
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